Phil Elvrum est poète et écrivain, Phil Elvrum est peintre et dessinateur, Phil Elvrum est compositeur. Cet homme taciturne et sombre est peut-être celui qui propose aujourd’hui les disques les plus lo-fi. Il enregistre sur un 16 pistes à cassette, voir un 8 pistes, dans une cabane ou dans sa chambre. Mais quand ses disques arrivent jusqu’aux oreilles, avec ce son si naturel, on l’imagine parfaitement devant nous, avec sa guitare, la tête basse, en train de chanter ses chansons.
Phil est une sorte d’ermite, de solitaire qui ne vit que pour sa musique. Il avait The Microphones -et avait atteint une sorte de point de non-retour : d’une ambition insensée, tentant de s’ériger en mythe et de condenser sur près d’une heure de musique les obsessions esthétiques, philosophiques et mystiques d’Elverum-, il en a eu marre et il a fait Mount Eerie.
Mount Eerie, c’est Elverum, désormais élevé au rang de mythe, lui qui s’identifie au Mt. Erie, la vraie montagne, celle qui dominait la maison de son enfance à Anacortes. Plus fasciné que jamais par la nature et l’esprit qui l’habite, Elverum, poète spinoziste et musicien possédé par le génie, révèle des compositions plus arides, toujours introspectives et étrangement essentielles.
Elverum est clairement hors du temps, et sa quête artistique et philosophique ne trouve de résonance que chez quelques rares artistes. |